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La présidentielle, une nouvelle étape pour SLR

jeudi 19 avril 2007


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Après un peu plus de trois ans d’existence le moment est venu pour Sauvons la Recherche, de faire un bilan d’étape de notre action. Celle-ci a été marquée par plusieurs phases, tout particulièrement les Etats-Généraux de la Recherche de 2004, qui nous ont permis de forger un socle de propositions destinées à l’ensemble des forces politiques, afin qu’elles en fassent l’ossature de leurs projets de réforme. Le gouvernement de l’époque a choisi de ne pas s’en saisir, et a pris le contre-pied de nos propositions dans la loi qu’il a fait voter en mars 2006. A cette date, réunis en assemblée générale, nous avons décidé de continuer notre travail, estimant que l’objectif suivant était de convaincre les forces politiques alternatives au pouvoir en place de faire de la recherche et de l’enseignement supérieur un élément central de leurs programmes en s’appuyant sur nos propositions.

Nous avons pris plusieurs initiatives dans cette perspective, comme l’université d’automne de Fleurance en septembre dernier, le questionnaire envoyé aux candidats, et la journée organisée le 31 mars à la Cité des Sciences et de l’Industrie, où nous avons interrogé sept représentants des candidats sur leurs projets en matière de recherche et d’enseignement supérieur. Vous trouverez dans ce supplément à SLR-La Lettre les réponses des candidats à nos questions.

Si chacun se déterminera sur une pluralité de critères, dont la recherche n’est qu’un parmi d’autres, il nous appartient d’informer sur les divers programmes. Les réponses à SLR, mais aussi les autres déclarations des candidats (voir le texte sur le site : ...), font clairement apparaître des clivages majeurs en ce qui concerne  : le devenir du Pacte pour la recherche (programmation, structures, finalités de la recherche), le rôle des établissements de recherche dans la politique scientifique et parallèlement la place des agences finançant des projets de court terme, le niveau des engagements financiers pluriannuels, la démocratisation de l’accès et du succès à l’université, la signification de l’autonomie de celles-ci, l’emploi scientifique (CDD ou emplois statutaires), les modalités des aides au privé, etc.

Sur tous ces points, tous les candidats qui se réclament de la gauche, au-delà des nuances qui les distinguent et que vous pourrez évaluer par la lecture des réponses, se fondent sur les conclusions des Etats-Généraux de la Recherche, reprennent les lignes de force de nos propositions. Et c’est un succès pour SLR et le travail de la communauté scientifique.

A l’inverse, N. Sarkozy reste égal à lui-même, incorporant le moindre détail de son programme dans sa logique politique (exemple : prétexter l’innovation pour diminuer l’ISF). Son programme revient à aggraver encore les effets des réformes de ces dernières années. Sa volonté de détruire les organismes, de ne plus faire que du financement sur projet de court terme, de donner une autonomie sans rivage aux universités, a pour seule conséquence si ce n’est pour objectif de mettre toute la recherche publique au service des intérêts privés. Et ce n’est pas sans inquiéter, quand on constate l’utilisation qu’il fait de la génétique, dans ses propos récents sur la pédophilie (voir http://recherche-en-danger.apinc.org/spip.php ?article1564)

F.Bayrou, quant à lui, n’est pas aussi clair dans ses intentions que N. Sarkozy. Le décryptage de ses propositions, en apparence nuancées, mais peu détaillées, ne peut se faire qu’en recherchant ses omissions. Rien sur les organismes, rien sur la remise en cause du Pacte (si ce n’est dans quelques modalités d’application) et un souhait de faire encore progresser l’ANR. Cause ou conséquence de ses choix, François Goulard qui a fait voter le Pacte et le met en oeuvre, s’est rallié à lui.

Naturellement, certains trouveront que le débat électoral n’a pas toujours permis d’aborder les choses en profondeur. Mais il ne serait pas cohérent de revendiquer que la mise en place de la politique se fasse en concertation étroite avec les chercheurs, tout en attendant que le ou la futur(e) président(e) de la République prenne position sur chaque point précis.

Quelle que soit l’issue de ces élections, il sera donc nécessaire de continuer à expliquer comment fonctionne la recherche, pourquoi nous privilégions certaines réformes plutôt que d’autres. Et puisque certains candidats ont promis de remplacer la loi de 2006 par une nouvelle loi élaborée en concertation avec les différents acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, il faudra y participer le cas échéant.

Après trois ans de travail, après des succès et des échecs, nous pouvons nous réjouir d’avoir contribué à forger le socle des propositions d’une partie importante des forces politiques. L’issue des prochaines élections sera déterminante pour l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur, il nous appartiendra quoiqu’il en soit de continuer notre action pour permettre l’émergence d’une nouvelle politique pour la recherche et l’enseignement supérieur, qui espérons-le sauvera -enfin- la recherche.

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